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« un Défenseur des Enfants, autorité indépendante qui ne reçoit dinstructions daucune autorité » Le Défenseur des enfants est chargé de défendre et de promouvoir les droits de lenfant tels quils ont été définis par la loi ou par « un engagement international, régulièrement ratifié ou approuvé » tel que la Convention internationale sur les droits de lenfant adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989 et ratifiée par la France en 1990. Le Conseil des Ministres du 3 mai 2000 a nommé Claire Brisset Défenseure des Enfants. Son mandat est de 6 ans non renouvelable. Cette fonction est nouvelle en France mais existe déjà dans une dizaine de pays dEurope. Le réseau européen des médiateurs pour enfants ou ENOC (European Network of Ombudsmen for Children) a été créé en 1997. Lobjectif de ce réseau est daméliorer le respect des droits de lenfant en Europe. En octobre 2000 à Bruxelles, lors de la réunion annuelle du réseau ENOC, Claire Brisset a été élue à sa présidence, elle prendra ses fonctions en octobre 2001. Quatre missions De la loi du 6 mars 2000 créant lInstitution se dégagent quatre missions : 1 - Le Défenseur est saisi de cas individuels à propos desquels les droits des enfants nont pas été respectés et qui nont pu être résolus par les multiples structures dont dispose la société française en ce domaine. Le Défenseur des enfants ne se substitue pas aux services spécialisés ou au dispositif social et judiciaire de protection de lenfance. Il intervient lorsque les procédures et les recours normaux se sont avérés inopérants et que les enfants en sont les victimes. Il ne peut ni intervenir dans une affaire dans laquelle une procédure judiciaire est en cours, ni contester une décision de justice. Si la réclamation lui paraît justifiée, le Défenseur signale le cas aux autorités compétentes ; il peut aussi en saisir le Médiateur de la République. LInstitution a commencé à établir des conventions de fonctionnement avec divers partenaires, tels que le Médiateur de la République et le SNATEM (Service National Téléphonique dAccueil pour lEnfance Maltraitée). Le Défenseur des enfants peut également sauto-saisir à propos de cas ou de situations qui lui paraissent ne pas respecter les droits de lenfant. 2 - Le Défenseur des enfants identifie déventuels dysfonctionnements collectifs qui se produisent au détriment des enfants, dans leurs différents cadres de vie (en famille, à lécole, en institutions, dans des lieux de soins, de loisirs, ...) dont il est averti ou quil relève lui-même. Il émet des propositions pour y remédier. 3 - Le Défenseur des enfants participe à la promotion des droits de lenfant, il organise des actions dinformation sur ce thème notamment lors de la Journée nationale des droits de lenfant le 20 novembre. A cette occasion, il présente au Président de la République et au Parlement un rapport annuel dactivité. Ce rapport est publié. 4 - Le Défenseur propose de modifier ou dinitier des textes législatifs ou réglementaires lorsquil apparaît que ceux-ci ne respectent pas suffisamment les droits de lenfant. Le Défenseur des Enfants est saisissable directement, par écrit, par les enfants, leurs représentants légaux ou par des associations de défense des enfants reconnues dutilité publique.
Ces propositions correspondent aux six premiers mois dactivité de la Défenseure. Elles sont issues de lanalyse des principaux dysfonctionnements constatés durant cette période, quils aient été mis en évidence par des réclamations individuelles ou des problématiques collectives. Elles ont fait lobjet de débats avec de nombreux partenaires, soit à Paris, soit lors des rencontres dans les départements. Létat davancement de lanalyse sur ces points permet de les formuler sous une forme précise. 1 - Faire reconnaître la journée du 20 novembre comme Journée mondiale des droits de lenfant : Il sagit dune décision qui relève des Nations Unies. Une telle proposition, à laquelle se rallient de nombreuses associations de défense des droits de lenfant, pourrait émaner de la France. Elle pourrait être adoptée par la Session spéciale que lAssemblée Générale des Nations Unies consacrera à lenfance en septembre 2001. 2 - Rendre plus effectif laccès aux droits pour les enfants : Pour que les délais de traitement des dossiers diminuent, pour crédibiliser davantage la justice tant aux yeux des parents quà ceux des enfants, il apparaît nécessaire daugmenter le nombre de juges des enfants et greffiers, de développer la mise à disposition aux enfants des services daccès aux droits et daméliorer le dispositif daide juridictionnelle pour les mineurs. 3 - Permettre aux familles davoir accès à leur dossier en matière dassistance éducative : La réflexion sur ce sujet est largement avancée et la Cour Européenne des Droits de lHomme a déjà condamné la France dans ce domaine. Il est temps de réformer le droit en matière dassistance éducative en permettant aux parents davoir accès au contenu de leur dossier. Laccès au contradictoire est une base élémentaire du droit. De façon à éviter les risques évoqués précédemment dans ce rapport, cet accès pourrait être médiatisé par le biais dun avocat, selon une procédure analogue à celle déjà en uvre pour les divorces ou grâce à un « médiateur » selon des formes qui demeurent à définir. 4 - Introduire une procédure de référé pour les placements de très jeunes enfants : Les placements de nourrissons ou de très jeunes enfants doivent être réellement motivés par une situation de danger, compte tenu de limportance des liens qui se nouent entre un enfant et ses parents dans les premiers mois de la vie. Ils peuvent bien entendu être parfaitement justifiés. Mais la gravité de la décision et de ses conséquences est toutefois incompatible avec les délais dans lesquels sont traités les appels. Bien souvent, la date dexamen théorique de lappel est plus tardive que celle de la fin du placement. Cela revient à nier, sur un sujet aussi grave, le principe de la double juridiction, un des fondements de notre droit. Il conviendrait donc dintroduire dans ces cas une possibilité de référé devant le Premier Président de la Cour dAppel, avec une procédure analogue à celle qui existe en urgence pour les dossiers examinés par je juge aux affaires familiales. 5 - Accélérer la parution des décrets dapplication manquants de la loi de 1998 sur la protection des mineurs victimes dabus sexuels. Il nest pas acceptable que la souffrance de tant denfants, victimes dinceste ou dactes pédophiles, ne se traduise pas par une mise en application complète de la loi qui vise à les protéger. Cela doit saccompagner impérativement dun important effort de soutien thérapeutique aux victimes. Les procédures analogues à celles mises en place à Besançon, Béziers ou Saint-Nazaire, qui permettent, grâce à la collaboration de services de police, de gendarmerie et de psychothérapeutes, de réaliser lenregistrement audio-visuel de lenfant victime, devraient être multipliées. Elles devraient systématiquement donner lieu à une prise en charge thérapeutique de toutes les victimes, par des thérapeutes spécialement qualifiés à cet effet, ce qui est loin dêtre le cas à lheure actuelle. Dautre part, il conviendrait de mettre en place un meilleur suivi des auteurs dactes de pédophilie lorsquils ont accompli leur peine, de manière à éviter les récidives. 6 - Considérer les mineurs étrangers isolés comme des mineurs en danger, jusquà lâge de 18 ans : Dès que le mineur étranger isolé arrive dans un aéroport, il devrait être retenu dans une zone de rétention spécifique, à lécart des adultes, pendant 48 heures. Au cours de ces deux jours, la police saisirait le procureur, qui, lui-même, saisirait conjointement le juge des enfants et le juge des tutelles. Le mineur serait, à lissue de ces 48 heures, confié à lAide Sociale à lEnfance du Département. Si le jeune ne veut ou ne peut retourner dans son pays dorigine, une tutelle dEtat lui est ouverte. Il demeure donc sous la double protection du juge des enfants et du juge des tutelles jusquà sa majorité. Il peut, à ce moment, demander la nationalité française. 7 - Ouvrir rapidement dans la région parisienne des Appartements de Coordination Thérapeutique pour accueillir des parents séropositifs au VIH et leurs enfants : Le manque cruel de solutions de logements, particulièrement pour les mères isolées avec enfants, dont beaucoup découvrent leur séropositivité à loccasion de leur grossesse, rend très difficile le suivi des soins pour le nourrisson dans les trois premiers mois, afin déviter les risques de contamination mère/enfant. Même pour les enfants plus âgés, la précarité du logement de leurs parents affaiblit leurs capacités à faire face. Des programmes devraient être engagés rapidement par les partenaires concernés. |
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Last edited by Barneombudet March 22, 2004 |